Sandra Binion

On May 22, 2021, my double exhibition Distillé / Searching for Emma will open at the Centre d’art contemporain de la Matmut near Rouen, France. The exhibition continues through September 19, 2021, so a full summer of visiting is possible at the unique site, a re-designed carriage house in the museum’s garden.

Distillé is a re-figuring of Gustave Flaubert’s novel Madame Bovary. It has continued to evolve during its various presentations since 2014, always in response to each new location. In the Charreterie, the core of the exhibition is the twenty-six photographs from Le Grand Livre, a wordless book of evocations. Suspended from the Charreterie’s rafters, they float in the atmosphere of three fragrances selected by Christine Nagel, the nez of the parfumier Hermès. From beyond the Charreterie, accessible by smartphone, are nine videos, many featuring actress Eponine Cuervo Moll, and two sound works by Lou Mallozzi.

Searching for Emma amplifies Distillé. It springs from the original but traces its own path. While exhibiting Distillé in Kyoto, I was enveloped in an unfamiliar culture and responded with a fantasy: “If I were to cast an imaginary film, could I find a new Emma Bovary here, in the streets of Kyoto?” The search became an elusive sequence of twenty images at an intimate scale, displayed on two long tables designed by Paris-based architect Marc Dilet, arranged from right to left like a Japanese scroll.

The glass periphery of the Charreterie is a transparent shell for these images, sounds and scents that allows the outside world to mix with the world of the imagination. The Letter, a version of Rodolphe’s traumatic note to Emma, is presented on six transparent panels hanging inside the glass walls. The largest element of the exhibition is the one most specific to the architecture of the Charreterie and also the most elusive, The Yellow Windows. On two 3-meter by 2-meter windows, I will paint a translucent yellow wash in broad brushstrokes, giving the space a subtle glow in homage to Flaubert’s poetic use of the color in Madame Bovary.

In conjunction with this double exhibition, I have produced two new books focused on these two bodies of work, designed by Sam Silvio.


Le 22 mai 2021, ma double exposition Distillé / À la recherche d'Emma ouvrira au Centre d'art contemporain de la Matmut, près de Rouen, en France. L'exposition se poursuivra jusqu'au 19 septembre 2021, permettant de profiter tout l’été de visites sur un site unique : une remise à calèches réaménagée dans le jardin du musée.

Distillé est une re-figuration du roman Madame Bovary de Gustave Flaubert. Elle n'a cessé d'évoluer au cours de ses différentes présentations depuis 2014, en réponse constante à chaque nouveau lieu. À la Charreterie, le cœur de l'exposition est constitué des vingt-six photographies du Grand Livre, un livre d'évocations sans paroles. Suspendues aux chevrons de la Charreterie, elles flottent dans l'atmosphère de trois parfums sélectionnés par Christine Nagel, nez du parfumeur Hermès. Au-delà de la Charreterie, accessibles par smartphone, se trouvent neuf vidéos, dont plusieurs avec l'actrice Eponine Cuervo Moll, et deux œuvres sonores de Lou Mallozzi.

À la recherche d'Emma amplifie Distillé. Le projet s'inspire de l'original mais poursuit son propre chemin. Lors de l'exposition de Distillé à Kyoto, j'ai été enveloppé dans une culture inconnue et j'ai réagi par un rêve fou : "Si je devais tourner un film imaginaire, me serait-il possible de trouver une nouvelle Emma Bovary ici, dans les rues de Kyoto ?" La recherche est devenue une séquence insaisissable de vingt images à l'échelle intime, exposées sur deux longues tables conçues par l'architecte parisien Marc Dilet, disposées de droite à gauche comme un rouleau japonais.

Les parois de verre de la Charreterie forment une coquille transparente pour ces images, ces sons et ces parfums qui permet au monde extérieur de se mêler au monde de l’imaginaire. La Lettre, une version du billet traumatique de Rodolphe à Emma, est présentée sur six panneaux transparents accrochés à l'intérieur des parois de verre. L'élément le plus grand de l'exposition est celui qui est le plus spécifique à l'architecture de la Charreterie et aussi le plus insaisissable, les Fenêtres jaunes. Sur deux fenêtres de trois mètres sur deux, je peindrai un lavis jaune translucide en larges coups de pinceau, donnant à l'espace une lueur subtile en hommage à l'utilisation poétique de cette couleur par Flaubert dans Madame Bovary.

À l'occasion de cette double exposition, j'ai édité deux nouveaux livres consacrés à ces deux corpus d'œuvres, conçus par Sam Silvio.